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Ce spectacle se décline dans un diabolique dispositif où le public est d’abord disposé au-dessus des acteurs (La maison des chiens) puis en-dessous (OEdipe). Le regard habituel du spectateur en est chaviré.
Auteur de La maison des chiens, Klim est à la fois poète, dramaturge, metteur en scène et excellent pédagogue. À Moscou il a longtemps animé un laboratoire de théâtre sur le jeu de l’acteur (un peu à la manière d’un Anatoli Vassiliev). Vlad Troïtskyi lui a demandé de parfaire la formation des acteurs du théâtre Dakh. Et de travailler à ses côtés.
C’est en ukrainien qu’il a écrit La maison des chiens. La troupe a déjà joué plusieurs de ses pièces. La maison des chiens ne s’inspire pas ouvertement du mythe d’OEdipe (celui qui se crève les yeux après avoir appris qu’il a tué son père et couché avec sa mère) mais dialogue avec lui à travers un univers clos, celui de la prison et des camps, de la vie quotidienne des prisonniers.
OEdipe que met en scène Vlad Troïtskyi se nourrit d’OEdipe roi, la pièce de Sophocle, sans pour autant suivre à la lettre son déroulement.
Un garçon demande à sa mère: «Qu’est-ce que le destin? Qui est le sphinx ? Qui est OEdipe?» Le spectacle, où le choeur joue un rôle central, va tenter de répondre à cette triple interrogation.
Des chants ukrainiens s’invitent dans l’aventure de cette surprenante tragédie.
© Olesya-Margunets
Dimanche 15 Mai à 19:00, Lundi 16 Mai à 20:00, Mardi 17 Mai à 20:00
Tournée :
Les 20, 21 et 22 mai,
Théâtre Dijon-Bourgogne, Centre Dramatique National, Dijon, dans le cadre du festival Théâtre en mai
Avec ses cheveux en bataille, l’air de celui qui semble éternellement sorti d’une nuit agitée, Vlad Troïtskyi n’a rien du profil d’intellectuel à petites lunettes et barbiche de son quasi homonyme Léon Trotsky. Et pourtant c’est un intellectuel qui a fait de brillantes études scientifiques. Mais c’est plus encore un artiste, et aussi un rassembleur et enfin un sacré manager. Bref cet homme est un agitateur, un dangereux révolutionnaire qui a, de fait, révolutionné le théâtre ukrainien. Cet homme qui n’a pas cinquante ans est la clef de voûte du voyage en Ukraine que propose Passages.
Sorti diplômé de l’École polytechnique de Kiev, Troïtskyi s’est bientôt trouvé pris dans le tourbillon de la perestroïka, de l’indépendance de son pays, bref d’un charivari de l’histoire ouvert à tous les possibles. Vlad Troïtskyi a converti son savoir scientifique en se lançant dans des affaires tout en allant étudier au GITIS, la grande école de théâtre moscovite. Résultat : en 1994, avec ses deniers, il fonde le théâtre Dakh (mot qui en ukrainien veut dire toit). Un théâtre indépendant (privé) où il réunit une troupe de jeunes acteurs qu’il forme auprès des meilleurs maîtres russes et ukrainiens.
C’est un modeste théâtre, moins grand qu’une salle de classe, niché au bas d’un immeuble de Kiev, près du terminus d’une des lignes de métro. Un étroit couloir tient lieu de caisse, l‘hiver on vous fournit des chaussons en film plastique bleu pour protéger le sol de la neige fondue qui s’est accrochée à vos souliers. Un minuscule bar sert du vin chaud et autres douceurs, la barmaid est aussi actrice tout comme la caissière et le préposé au vestiaire (lieu stratégique de tous les théâtres dans les pays d’Est où les hivers sont rudes et longs).
C’est dans ce mouchoir de poche – 60 places en se serrant – que le théâtre ukrainien a commencé une nouvelle époque. C’est là que Vlad invente ses spectacles et que la troupe les joue à guichets fermés toute l’année. C’est là qu’a été créé le groupe de musique DakhaBrakha devenu la coqueluche de la jeunesse ukrainienne. Et c’est Vlad et son équipe qui chaque année depuis quatre ans organisent et animent le «Gogolfest» (Nicolas Gogol est né en Ukraine), une manifestation monstre réunissant des artistes de toutes disciplines – c’est là que nous avons repéré le photographe Gaïdaï – d’abord dans le gigantesque arsenal de Kiev, et en septembre dernier dans les anciens studios de cinéma de la ville. On y voit des expos, on écoute de la musique, on commande des verres et des plats, on circule d’un lieu à l’autre, on discute, c’est aussi cet esprit-là que nous invitons à Passages. Une cinquantaine d’Ukrainiens seront du voyage. Avec des spectacles qui viennent en France pour la première fois.
http://www.dax.com.ua/en
Egalement au programme
- Cabaret ukrainien
- DakhaBrakha Ethno-chaos band
- Le roi Lear. Prologue
- Presque une pièce, presque Pirandello
Auteur(s) : Klim, Sophocle
Scénographie : Vlad Troïtskyi, Dmytro Kostyumynskyi
Musique : Vlad Troïtskyi, Roman Iasynovskyi, Solomiia Melnyk
Avec : Dmytro Iaroshenko, Roman Iasynovskyi, Vasil’ Bilous, Anna Nikityna, Anastasia Shevchenko, Kateryna Vyshneva, Zo, Tetyana Vasylenko, Volodymyr Minenko, Igor Postolov, Viktoriia Lytvynenko-Iasynovska, Natalka Bida, Solomiia Melnyk, Ruslana Khazipova, Vira Klimkovecka, Tatyana Gawrylyk
Coordination de l'équipe : Thomas Lozinski
Langue : ukrainien surtitré en français
Durée : 3h
Production : Théâtre Dakh
















